Recommandations et conseils voitures - Les transports n'ont pas que des bons côtés !

Depuis 2006, nous présentions sur notre site les listes des voitures et véhicules utilitaires les plus propres du marché selon la méthodologie de classement ATE. Cette méthodologie qui a l’intérêt d’être multicritère et d’intégrer plusieurs types de dommages pour l’environnement, se base sur les résultats des tests fournis par les constructeurs sur les émissions de CO2 et de polluants locaux (NOx, particules…).

En 2015, des scandales retentissants ont révélé différents problèmes graves :

Des campagnes de tests menées en France dans la foulée ont montré « de nombreux dépassements » des normes par les voitures vendues en France (rapport de la Commission mise en place par la Ministre de l’Environnement).

Suite à ces révélations et aux incertitudes concernant la fiabilité des données constructeurs concernant les niveaux d’émissions polluantes, nous avons décidé de suspendre momentanément nos sélections.

Cette page présente des conseils généraux sur le choix et l’utilisation des véhicules.

Pour en savoir plus sur les fraudes et les tests, consultez le site de l’ATE.

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Transports, énergie et pollution

Les transports motorisés (voitures, bus, tramways, trains, avions...) nous permettent de nous déplacer toujours plus loin avec beaucoup de confort, ce qui accroît notre liberté et notre mobilité.

Mais les transports sont de grands consommateurs d'énergie. Les transports routiers engloutissent plus de la moitié de la consommation française de pétrole. Or les réserves de pétrole ne sont pas illimitées sur la planète.

De plus, les transports posent certains problèmes importants à la société : ils sont souvent sources de pollutions qui affectent notre santé, de gaz à effet de serre qui dérèglent le climat planétaire, de nuisances pour les riverains (bruit, impact visuel, encombrement...), de risques d'accidents, de stress pour leurs utilisateurs. Sans parler des infrastructures (routes, autoroutes, aéroports...) qui peuvent porter atteinte aux milieux naturels et à la qualité du cadre de vie.

L'un des soucis majeurs aujourd'hui, la contribution des transports au réchauffement climatique, peut être illustrée par une image simple : une voiture rejette chaque année plus que son propre poids en CO2, le principal gaz à effet de serre !

Pour en savoir plus : Site de l'ADEME sur les enjeux liés aux véhicules particuliers

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Se déplacer futé

Pour limiter les nuisances des transports, il y a beaucoup de méthodes possibles. Les pouvoirs publics doivent mieux prendre en compte ces nuisances et ces risques dans les politiques de déplacements et d'urbanisme (en développant un cadre favorable au vélo et à la marche, en développant l'offre en transports collectifs, en fixant des règles et réglementations plus strictes, etc.). Les fabricants et industriels doivent nous proposer des transports toujours plus sûrs et moins polluants.

Mais nous pouvons aussi, en tant que citoyen, adopter de bonnes habitudes :

Pour en savoir plus :

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Quel véhicule choisir ?

Suite aux révélations concernant des manipulations de tests sur les émissions polluantes de moteurs diesel, et peut-être de moteur essence, difficile d’avoir des certitudes sur la performance réelle de ce que l’on achète…

Ce que l’on peut dire :

Plus d’information sur le site de l’ADEME Car Labelling

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Voitures et sécurité

Si les questions de pollution sont cruciales dans les transports, la question de la sécurité des véhicules est également très importante pour les consommateurs.

Une bonne politique de sécurité routière est indispensable (la France a heureusement fait quelques progrès ces dernières années). Il convient aussi de pousser les fabricants à bien indiquer les résultats des crash-test de leurs produits aux usagers.

Pour en savoir plus sur les crash-test et les résultats des principaux modèles : Euro NCAP

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Le coût des transports

Lorsque l'on s'interroge sur le coût économique des transports, il ne faut pas s'arrêter au seul achat du véhicule ou au prix du ticket de métro. En effet, beaucoup d'autres coûts s'y ajoutent.

Pour les voitures :

Pour les transports collectifs :

Selon l'INSEE, les coûts directs payés par les ménages pour se déplacer en voiture représentent en moyenne 11% (soit plus de 4 300 Euros par ménage et par an, dont plus de 30% pour le carburant automobile).

Plusieurs études ont aussi évalué les "coûts externes" des transports, c'est à dire tous les coûts indirects qui sont supportés par la société (pollutions, nuisances, congestions, accidents...). On estime que les transports routiers sont responsables de plus de 90% de ces coûts. Et les résultats sont spectaculaires : selon les études, ces coûts sont chiffrés entre 2 et 10% du PIB !

Pour en savoir plus :

- Statistiques de l’INSEE

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Dispositif Bonus / Malus

Le dispositif gouvernemental incite financièrement les acheteurs de véhicules neufs à privilégier les voitures les moins émettrices de CO2.

Le dispositif est fondé sur un barème, fonction du nombre de grammes de CO2 émis par kilomètre pour les voitures neuves.

Un bonus à l'achat pour les véhicules neufs émettant au plus 90 g CO2/km - Plus les émissions de CO2 sont faibles, plus le bonus est élevé - avec un plafond à vérifier (2016) :

Si vous achetez une nouvelle voiture en même temps que vous mettez à la casse un véhicule diesel mis en circulation avant le 1er janvier 2006), ou si vous n’êtes pas imposables, des aides supplémentaires sont disponibles et peuvent être cumulées.

Un malus à l'achat pour les véhicules neufs émettant plus de 130 g CO2/km :

Par ailleurs, depuis 2006, l'étiquette "émission de CO2" doit être obligatoirement apposée sur chaque voiture particulière neuve ou affichée près de celle-ci, de manière visible dans tous les lieux de vente en France.

Attention, il existe des mesures complémentaires pour le bonus / malus : renseignez-vous !

En particulier, la nouvelle vignette Crit’Air sera obligatoire à Paris dès le 1er janvier 2017.

Pour en savoir plus :

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Bien utiliser sa voiture

En se comportant de manière responsable lors de l'achat et de l'utilisation d'un véhicule, on peut considérablement réduire les nuisances que l'on génère pour la planète et pour les autres.

Pour connaître toutes les bonnes astuces concernant les voitures, vous pouvez consulter les guides de l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), et les pages son site dédiées à l’éco-conduite.

Insistons notamment sur l'importance de réaliser ses entretiens techniques dans les temps et de réagir rapidement lorsque l'on remarque un souci (fuite, fumées trop noires à l'échappement, etc.).

Il est également indispensable d'adopter une conduite intelligente, permettant de réduire la consommation de carburant et les pollutions. Une étude suisse a montré que les conducteurs adoptant un style de conduite "écologique" consomment près de 10% de carburant en moins sur la route ou sur un simulateur. Les 5 règles d'or de l'éco-conduite :

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Questions / Réponses

Pourquoi les transports participent-ils au réchauffement climatique ?

Le changement climatique d'origine humaine est provoqué par les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, notamment le gaz carbonique (CO2). La consommation de carburants dans les transports est responsable d'environ 25 % des émissions de ces gaz en France (soit 150 millions de tonnes par an). Si les rejets de polluants locaux ont en partie diminué avec les progrès technologiques, les émissions de gaz à effet de serre restent à un niveau élevé. Ces gaz ne peuvent pas être filtrés et, pour les moteurs classiques à essence et diesel, leurs émissions sont proportionnelles à la consommation du véhicule.

La situation est-elle dramatique ? Les scientifiques estiment que les émissions mondiales annuelles doivent être réduites de moitié d'ici 50 ans. La France s'est engagée à stabiliser ses émissions en 2010 puis à les diviser par quatre d'ici 2050. C'est un défi considérable, que le secteur des transports est loin de relever pour le moment.

Quelles sont les alternatives à la voiture et au camion ?

Le meilleur moyen de limiter les émissions de gaz à effet de serre des transports est d'éviter autant que possible l'usage de la voiture et des camions. Les modes de transports alternatifs les plus sobres en énergie sont : le train, le bateau, le vélo, le métro, le tramway, la trottinette, le roller, la marche. Un autre moyen de limiter l'usage des voitures est de mieux les partager par les systèmes d'auto-partage et de co-voiturage ; celui-ci consiste à voyager à plusieurs (entre amis ou collègues) dans un même véhicule pour optimiser les déplacements.

Existe-t-il une "voiture propre" ?

De nombreux programmes de recherche (publics et privés) sont lancés pour tenter de concevoir des véhicules qui émettent moins de pollutions et moins de gaz carbonique. L'optimisation des rendements des moteurs permet quelques progrès, mais ils sont parfois contrebalancés par l'augmentation du poids des véhicules et les nouveaux équipements consommateurs d'énergie (climatisation, électronique...). Aujourd'hui on est donc loin de pouvoir parler de voiture propre.

Certaines pollutions locales diminuent partiellement avec les filtres et pots catalytiques, mais les émissions de gaz à effet de serre restent à un niveau élevé avec les moteurs utilisant de l'essence et du diesel. Le secteur automobile doit donc entamer une grande révolution : la mise au point d'autres carburants et d'autres motorisations qui limitent drastiquement la consommation d'énergie et les émissions de gaz. Enfin, le bruit est également un souci majeur, qui empoisonne la vie de nombreuses personnes.

Les voitures sont-elles recyclables ?

L'impact écologique d'une voiture et dû essentiellement à son utilisation, mais on doit également se poser la question des impacts de la fabrication et de la mise au rebut du véhicule (qui reste immobile 95% du temps).

En matière de limitation des impacts de fabrication et du recyclage des matériaux, les fabricants automobiles ont fait des progrès : ils affichent des taux de recyclabilité de plus de 80%. Mais des efforts supplémentaires sont encore possibles.

Si votre véhicule est hors d'usage, vous devez le confier à un démolisseur agréé. Consultez le site de l'ADEME et du ministère de l'Ecologie sur le recyclage des voitures.

Essence ou diesel ?

 La motorisation diesel engendre une consommation moindre de carburant, donc moins de gaz à effet de serre, mais elle est en général plus bruyante et provoque davantage de pollution locale (sous forme de particules fines et d'oxydes d'azote) particulièrement nocive pour la santé et dont le caractère cancérigène a été reconnu par l'OMS. En tout état de cause, un véhicule diesel doit impérativement être muni d'un filtre à particules (ce qui est obligatoire pour les nouveaux modèles mis sur le marché depuis septembre 2009).

Que penser des carburants GPL et GNV ?

Le GPL (gaz de pétrole liquéfié) est un carburant moins cher à la pompe et produisant mois de pollution locale. Mais il ne présente pas de gain très important en matière de changement climatique, puisque ses émissions de CO2 sont comparables à celles des moteurs diesel.

Le GNV (gaz naturel véhicule) est en général conçu à partir du gaz naturel, qui émet moins de gaz à effet de serre que le pétrole. Les émissions de CO2 sont ainsi légèrement inférieures à celles des moteurs diesel. Les polluants locaux sont également réduits (les flottes professionnelles peuvent également utiliser du bioGNV / bio méthane dont le bilan environnemental est bien meilleur).

Il est possible de transformer des véhicules "classiques" en véhicules GPL ou GNV, auprès d'installateurs spécialisés mais le GNV est peu disponible pour les voitures particulières.

Que penser des voitures hybrides et électriques ?

Les motorisations hybrides combinent un moteur classique avec un moteur électrique d'appoint qui permet de récupérer une partie des pertes d'énergie. Le véhicule continue à être alimenté traditionnellement avec du carburant, mais son rendement est amélioré. Il consomme moins et émet donc moins de CO2 par km parcouru. C'est une des approches les plus intéressantes pour réduire les émissions de gaz avec les carburants classiques.

Les véhicules tout-électriques et les hybrides rechargeables s'alimentent à partir d'une prise de courant. L'électricité est stockée dans des batteries embarquées. Les problèmes de poids et de piètre performance des batteries ont pour l'instant empêché ce type de véhicules de concurrencer le pétrole. Il faut aussi noter que, si en France l'électricité est responsable de faibles émissions de gaz à effet de serre avec le nucléaire, sa consommation est par contre source de déchets radioactifs.

Pour en savoir plus sur les voitures électriques, la page du site de l’ATE

Que penser des agrocarburants ?

Les agrocarburants sont produits à partir de plantes et mélangés aux carburants traditionnels.

Le recours massif aux agrocarburants dans les conditions actuelles ne nous semble pas judicieux. D'une part ces carburants à base de produits agricoles (betterave, colza, tournesol...) restent chers. D’autre part, ils concurrencent les autres débouchés, favorisant une augmentation des prix alimentaires, ce qui a des conséquences sociales fortes. En outre, des études montrent que, sur l'ensemble de leur cycle de production, le gain énergétique est faible. Certains considèrent même que le bilan des émissions de gaz à effet de serre est négatif, sans compter le risque d'aggraver les pollutions de l'agriculture intensive (usage d'engrais, de pesticides, d'eau...). Si le rendement énergétique est meilleur avec les agrocarburants venant de certains pays du sud comme le Brésil, cela pose cependant la question de l'incitation à la déforestation, responsable de 20% des émissions mondiales actuelles, et d'autres questions d'ordre politique relatives à l'utilisation des sols (conflit entre l'agriculture et les agrocarburants) ou à l'opportunité de créer des débouchés pour les agriculteurs des pays occidentaux.

En résumé : il n'y a actuellement pas de réponse miraculeuse aux problèmes des transports – si ce n'est réduire les déplacements ! Un élément de réponse pourra, peut-être venir des agrocarburants, mais il faudra attendre la seconde et la troisième génération, présentant un rendement énergétique plus intéressant, et basée sur des ressources non alimentaires (déchets agricoles, algues…). A suivre…

Verra-t-on des voitures à hydrogène ?

On entend beaucoup parler de l'hydrogène comme d'un carburant du futur. Il existe déjà quelques véhicules à piles à combustible fonctionnant à l'hydrogène. Si cette énergie permet d'éviter la production d'émission de gaz à effet de serre au niveau du pot d'échappement, ce n'est pas une énergie qui existe à l'état naturel et il faut donc la produire. Or sa production (qui peut être réalisée à partir de pétrole, de gaz, d'éthanol ou d'électricité) ajoute une étape qui diminue fortement le rendement énergétique de l'ensemble du dispositif. Ainsi, la consommation globale d'énergie n'est pas forcément meilleure que pour les véhicules classiques. L'hydrogène ne sera donc une alternative intéressante que lorsque sa production sera assurée principalement par des énergies renouvelables.

Pourquoi la climatisation est-elle dangereuse pour le climat ?

La climatisation automobile est un confort bien pernicieux. Non seulement elle augmente la consommation de carburant pour fonctionner (jusqu'à 20% par an en cas d'usage systématique), mais en plus elle peut occasionner des fuites de gaz frigorigènes extrêmement nocifs pour le climat et pour l’environnement. Ainsi, c'est un équipement qui renforce à double titre la participation des voitures au réchauffement planétaire.

 

Guide Topten - Décembre 2016

 

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