Appelons la France à démontrer son engagement

  • Par Sophie Attali
  • Publié il y a 7 jours


L'étiquette énergie a permis aux citoyens Européens d'économiser d'énormes quantités d'énergie. Et ce n'est pas fini car les deux règlements européens qui encadrent les produits consommant de l'énergie sont l'objet d'intenses négociations, produit par produit. Il s'agit de :

  • renouveler l'étiquette en la rendant plus lisible et plus adaptée ;
  • être plus ambitieux sur les niveaux de performance demandés : si un modèle est trop gourmand en énergie ou en eau pour le service qu'il produit, ou s'il contient des substances nocives pour la santé, il n'est pas autorisé sur le marché ;
  • faciliter l'économie circulaire en introduisant des obligations pour que les produits soient plus durables, plus réparables et plus recyclables.

L'impact environnemental dépend du type de produit

Impact pendant l'utilisation pour le gros électroménager

Pour ce qu'on appelle "le gros électroménager blanc" – les frigos, les congélateurs, les lave-linge, sèche-linge et lave-vaisselle – l'impact environnemental le plus important est dû à l'utilisation de l'appareil là où il sera installé. Bien sûr il aura fallu construire le produit en utilisant des plastiques, des fluides frigorigènes qui ont un impact sur la couche d'ozone, etc., il aura fallu transporter le produit jusqu'au consommateur (par exemple en container sur des bateaux très polluants), mais c'est l'énergie qu'il consommera durant toute sa vie qui pèse le plus dans la balance environnementale, car produire cette énergie génère du CO2, des déchets nucléaires, etc.

Impact à la fabrication pour l'électronique

C'est exactement l'inverse pour les autres produits, souvent appelés "bruns" ou "gris" – les téléviseurs, les ordinateurs, les téléphones portables etc. – pour lesquels c'est la phase de fabrication qui pèse le plus sur l'environnement – à cause de l'électronique et des terres rares qu'ils contiennent.Il faut absolument que ces produits durent le plus longtemps possible, qu'ils soient réparables, et en fin de vie, qu'ils soient facilement démontables et recyclables.

Derrière l'étiquette énergie, des négociations complexes

En Europe, la Commission Européenne fait régulièrement des études techniques sur les produits et propose de nouveaux règlements qui sont âprement discutés par différents lobbys :

  • les puissants lobbys industriels qui tentent d'éviter les contraintes de production ;
  • les lobbys (bien moins puissants) des associations de consommateurs sensibles au meilleur rapport qualité/prix et des ONG environnementales qui militent pour des règlements ambitieux pour la planète.

La Commission propose alors des compromis mais, au final, ce sont les États qui décident par leur vote.

L'appel des ONG au ministre de la Transition Écologique et Solidaire

La France aura un poids très important dans le vote d'un paquet de mesures sur lesquelles nous travaillons depuis plusieurs années. Alors que certains souhaitent un recul sur le niveau des ambitions, la disponibilité de pièces détachées, etc., la France a l'occasion de démontrer sa position favorable à l'environnement, aux économies d'énergie et à l'économie circulaire !

Les Amis de la Terre, le CLER, France Nature Environnement, HOP et Zero Waste France et Guide Topten lancent un appel à François de Rugy, Ministre de la Transition Écologique et Solidaire : Renforcez l’efficacité énergétique et l’économie circulaire lors des votes sur le paquet européen pour l’écoconception et l’étiquette énergie des produits ! Ce n'est pas le moment de baisser les bras.

Crédit image : macrovector/123RF Banque d'images

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